Quand se nourrir devient la principale préoccupation : l’alimentation en période de guerre

Quand se nourrir devient la principale préoccupation : l’alimentation en période de guerre

En période de guerre, l’alimentation de la population n’était pas la grande priorité des occupants, à savoir les allemands. En France, les ressources principales sont réquisitionnées et envoyées vers le front pour améliorer le quotidien des soldats. Pourtant, il a bien fallu trouver de quoi survivre. Un combat se livre alors dans les villes et les campagnes : trouver de quoi manger ! Sous l'Occupation, la pénurie est générale et le rationnement touche tous les produits courants, et affecte l'ensemble de la population. Des restrictions et plusieurs contraintes ont été mises en place afin de limiter la consommation. Ainsi, les boulangers vendent uniquement le pain de la veille : celui-ci étant moins bon, le consommateur le mange en plus petite quantité, et moins rapidement. Ce pain est également de plus en plus noir, la farine étant de mauvaise qualité et la quantité d’eau plus importante. Ce pain (de régime!) était constitué de farines de maïs, fève, seigle ou orge auquel on ajoutait des brisures de riz. Les pâtisseries et les boucheries ne sont ouvertes que certains jours de la semaine, selon la législation des ‘’jours sans’’. La vente de croissants et de brioches, dont les recettes sont basées sur le beurre, produit devenu rare et coûteux, est interdite. De la même manière, dans les cafés et les restaurants, il y a des ‘’jours sans alcool’’, et en cette période, la consommation de boissons alcoolisées à hauteur de 16 degrés était illégale.

Il a donc fallu trouver des solutions pour pallier à ce manque d’approvisionnement. De nouvelles sources alimentaires ont dû être exploitées par les habitants. Dans les grandes villes, les balcons accueillent désormais poulaillers ou clapiers à lapins. Les carottes et les poireaux prennent la place des géraniums dans les bacs à fleurs. Le café pur, dont la vente est interdite au début de l’année 1941, est remplacé par des glands (avec lesquels il est également possible d’extraire de l’huile), du maïs grillé ou encore des pois chiches.

Les topinambours et les rutabagas (navet fourrager de la même famille que le colza, le navet, le radis) se substituent à la pomme de terre, plus énergique et réservée en priorité aux soldats allemands. Il n’y a pas besoin de tickets de rationnement, ni de faire la queue, pour acheter des rutabagas, parce qu’ils ne sont pas très appréciés. Il s’agit en effet de gros navets qui servent d’habitude à nourrir les animaux d’élevage. Les Français maigrissent et des carences importantes perturbent la croissance des enfants. C’est pourquoi, dans certaines écoles, des biscuits vitaminés ou des fruits secs sont distribués aux élèves. Il fallait trouver aussi des astuces pour ne rien perdre, par exemple : récupérer les croûtes de pain pour en faire du pain perdu - qui aurait imaginé que ça finirait par être un dessert tant apprécié de nos jours - ou les écraser une fois sèches pour les transformer en chapelure. En 1940, Henri Paul Pellaprat – cuisinier français- écrit 340 recettes de cuisine pour les restrictions alimentaires. La même année, Edouard de Pomiane, médecin et ancien chef de service à l’Institut Pasteur, écrit Cuisine et restriction indiquant, en plus d’idées recettes, les aliments à privilégier en raison des calories qu’ils apportent. Vous pourrez peut-être y trouver des recettes à base de graines de courge !

Une recette de Maïzena proposait de préparer une omelette bien épaisse avec un seul œuf, un peu de lait et du saindoux auquel était ajoutée une grosse cuillère de maïzena. Encore fallait-il trouver du lait !

Le cheptel diminue d’autant plus vite que la sous-alimentation et la malnutrition des animaux réduisent le taux de natalité. On partageait ses recettes pour faire du ‘’pâté sans viande’’, dans lequel « un cube de ‘’Viandox’’ apporte, mélangé à la farine, à l’œuf et à l’eau, le goût du bœuf », denrée devenue si rare en ville. Le beurre se faisant de plus en plus rare et coûteux, il est remplacé par le saindoux fabriqué à partir du lard de porc. Parfois, ce même beurre est étiré : une petite quantité, laissée à température ambiante, est mélangée à une quantité égale d’eau tiède.

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